Ce que mon corps a mis des années à lâcher
Pourquoi le corps peut-il continuer à réagir après un trauma ?
Pendant des années, j’ai vécu avec un corps que je ne comprenais pas.
J’avais souvent cette sensation étrange qu’une partie de moi restait en alerte, même lorsque, rationnellement, tout semblait aller bien. Je pouvais comprendre certaines choses avec ma tête, essayer de les remettre à leur place, avancer… et pourtant, quelque chose continuait de se manifester autrement.
Avec le temps, cela a pris différentes formes : un sommeil fragile, des réactions physiques difficiles à expliquer, des allergies, des démangeaisons, mais aussi des problèmes gynécologiques à répétition.
J’ai consulté, on m’a écoutée parfois, on n’a rien trouvé souvent. Ce que je vivais n’avait pas d’explication médicale claire.
Pendant longtemps, je n’ai pas fait le lien avec mon histoire.
J’ai été victime d’inceste depuis ma toute petite enfance, pendant de nombreuses années. Ma mémoire de cette période était totalement absente. Ce n’est qu’il y a une dizaine d’années qu’une amnésie traumatique s’est levée.
À partir de là, beaucoup de choses ont commencé à prendre un autre sens.
J’ai été accompagnée, et certains de ces accompagnements m’ont vraiment aidée. Mais même après avoir mis des mots sur ce qui s’était passé, même après un travail psychologique sérieux, mon corps, lui, continuait de manifester des choses.
C’est ce décalage qui m’a longtemps interrogée.
Comment peut-on avoir compris ce que l’on a vécu, savoir que cela appartient au passé, et pourtant continuer à ressentir certaines réactions comme si une partie de nous était encore restée là-bas ?
Je raconte cette partie de mon histoire parce qu’elle illustre quelque chose de plus large, qui ne concerne pas que les victimes d’inceste, ni même que l’enfance.
Le corps peut continuer de réagir longtemps après que le mental a compris, quelle que soit l’origine de ce qu’il porte.

Ce n’est pas propre à un seul type de trauma
Ce que je décris là n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres.
Le corps peut garder la trace de situations très différentes, parfois même sans qu’il y ait eu un événement isolé et identifiable.
Il arrive qu’on ait la sensation de fonctionner comme l’un de ses parents, sans l’avoir choisi, et c’est souvent encore plus difficile à démêler quand on connaît précisément ce qu’ils ont vécu et ce qu’ils nous ont transmis, consciemment ou non.
L’éducation reçue, le milieu familial, le contexte social dans lequel on a grandi peuvent aussi laisser des empreintes profondes, bien avant qu’on soit en âge de les comprendre.
J’aborde cette dimension transgénérationnelle plus en détail dans un article dédié au trauma transgénérationnel et à l’héritage familial.
Le corps peut également rester très réactif après ce qui s’est répété.
Une personne qui a été victime, enfant ou adulte, peut parfois se retrouver confrontée à des situations qui viennent réactiver quelque chose de ce qu’elle a vécu.
Le harcèlement scolaire en est un exemple de plus en plus documenté aujourd’hui. Ses conséquences peuvent rester présentes bien après la fin de la scolarité, sous forme notamment d’hypervigilance sociale, de peur du jugement ou de difficultés relationnelles à l’âge adulte.
Et ce n’est pas non plus réservé à l’enfance.
Une personne harcelée sur son lieu de travail, qui fait un burn-out, peut ressentir une peur intense à la simple idée de reprendre le travail, même après un accompagnement psychologique sérieux.
Le corps continue parfois de réagir : la gorge qui se serre, le ventre noué, un sommeil qui ne revient pas, comme s’il n’avait pas encore complètement intégré que la situation était terminée.
Ce qui s’inscrit avant même la naissance
Il y a une dimension qu’on oublie souvent d’aborder : ce qui se joue avant la naissance elle-même.
Le développement du cerveau et du système nerveux commence déjà pendant la vie intra-utérine. L’environnement dans lequel le fœtus se développe, notamment l’environnement maternel, fait donc partie des éléments étudiés lorsqu’on s’intéresse au développement très précoce.

C’est un champ que la psychologie prénatale explore depuis longtemps, avec notamment des travaux autour de la manière dont certaines expériences vécues très tôt peuvent influencer le développement ultérieur.
Cette période m’a également beaucoup interrogée dans mon propre parcours, parce qu’elle ouvre une question essentielle : qu’en est-il de ce qui s’est construit avant même que nous ayons des souvenirs conscients ou les mots pour raconter ce que nous vivions ?
C’est aussi ce qu’on retrouve parfois derrière la notion de travail sur l’enfant intérieur : cette part de nous restée aux prises avec ce qu’elle a vécu ou ressenti très tôt, parfois avant même d’avoir les mots pour le nommer.
J’en parle aussi dans un autre article, sur ce vide intérieur qu’on porte parfois depuis l’enfance.
Dans le travail sur les Programmes du corps, certaines explorations peuvent également nous amener vers ces périodes très précoces de l’histoire d’une personne.
Ce que la science montre sur le trauma et le corps
La recherche sur le trauma montre aujourd’hui qu’un événement traumatique peut avoir des répercussions qui dépassent largement le simple souvenir conscient.
Le psychiatre américain Bessel van der Kolk, qui a consacré plusieurs décennies à l’étude du trauma, l’a largement développé dans son ouvrage de référence, Le corps n’oublie rien.
Après un trauma, certains mécanismes impliqués dans la réponse au danger peuvent rester particulièrement sensibles.
Cela peut notamment contribuer à cette hypervigilance permanente que je décrivais plus haut : cette difficulté à se sentir véritablement en sécurité alors même qu’aucun danger immédiat n’est présent.
La mémoire traumatique ne fonctionne pas toujours comme un souvenir ordinaire que l’on pourrait simplement ranger dans le passé. Certains éléments peuvent continuer à être réactivés dans le présent, avec des réactions émotionnelles ou corporelles très fortes.
Cela ne veut évidemment pas dire que toute douleur, toute tension ou tout symptôme physique est lié à un trauma. Une cause médicale doit toujours être recherchée lorsqu’elle peut l’être.
Mais cela permet de mieux comprendre pourquoi avoir compris ce qui s’est passé ne suffit pas toujours, à lui seul, à faire disparaître toutes les réactions.
C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles certaines approches intègrent davantage le corps et les ressentis, en complément du travail effectué par la parole.
Cette pratique ne se substitue à aucun avis, diagnostic ou traitement médical, et ne remplace pas un suivi psychologique lorsque celui-ci est nécessaire. Elle peut, dans certains cas, venir en complément.

Ce qui change avec un travail directement sur le corps
Ce que j’ai fini par comprendre dans mon propre parcours, et que je retrouve aujourd’hui dans mon accompagnement des personnes que je reçois, c’est que certaines parts de nous restent difficiles à atteindre par les mots seuls.
Une thérapie classique passe notamment par le langage, par le récit, par la compréhension consciente. Or une part émotionnelle ancienne, installée depuis longtemps, peut continuer à réagir alors même que la personne a parfaitement compris ce qu’elle a vécu.
C’est précisément ce que vise le Programme du corps – Libération des traumas que je propose en duo avec ma télépathe Alice Noblesse : aller directement à la rencontre de la part du corps concernée, celle qui continue de réagir.
Dans cette approche, nous cherchons à entrer en communication avec cette part du corps pour observer ce qu’elle exprime, ce qu’elle associe à la réaction présente et ce qui peut encore être actif pour elle.
Il est important pour moi de préciser que cette pratique appartient à notre approche et qu’elle ne doit pas être confondue avec les recherches scientifiques sur le trauma présentées précédemment.
Elle ne remplace ni un suivi médical ni un accompagnement psychologique. C’est un travail différent, qui peut venir en complément lorsque la personne ressent que, malgré tout ce qu’elle a déjà compris ou travaillé, quelque chose continue de se manifester.
Si vous avez déjà réalisé une séance d’hypnose régressive ésotérique
Une séance d’hypnose régressive ésotérique classique dialogue directement avec votre conscience. C’est un travail différent, plus large, qui permet d’aller observer des mémoires plus anciennes ou plus profondes.
Il arrive qu’après une telle séance, une part émotionnelle continue de se manifester, ou qu’une nouvelle part ait du mal avec le changement que cette première séance a amené.
C’est là qu’un travail plus ciblé sur le corps peut avoir tout son sens, en complément, pour aller observer ce qui continue de bouger.
Il n’est toutefois pas nécessaire d’avoir réalisé une séance d’hypnose régressive ésotérique auparavant pour effectuer un travail sur les Programmes du corps.
Ce que vous pouvez reconnaître chez vous
Il n’y a pas de liste figée, mais voici quelques situations que l’on peut parfois reconnaître :
- Une douleur ou une tension physique récurrente, sans explication médicale identifiée
- Un sommeil fragile, malgré la fatigue
- Une hypervigilance permanente, cette sensation de devoir rester sur ses gardes
- Une peur ou une réaction particulièrement forte face à certaines situations
- Un schéma qui semble se répéter dans les relations, au travail ou ailleurs
- La sensation d’avoir compris intellectuellement, sans que cela change complètement ce que l’on ressent
Ces manifestations peuvent évidemment avoir des origines très différentes et ne permettent pas, à elles seules, d’affirmer qu’elles sont liées à un trauma.
Mais si vous vous reconnaissez dans une ou plusieurs de ces situations, cela ne signifie pas que le travail déjà effectué n’a servi à rien.
Il arrive simplement que la tête ait compris depuis longtemps alors qu’une partie du corps continue encore à réagir.
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes
Je ne peux jamais garantir de résultat précis, chaque parcours est différent et le mien n’a pas valeur de règle générale.
Mais si ce que vous venez de lire résonne avec ce que vous traversez, vous pouvez venir m’en parler, ou découvrir directement en quoi consiste le Programme du corps – Libération des traumas.
C’est précisément ce décalage entre ce que l’on a compris et ce qui continue malgré tout à se manifester qui m’a amenée, après mon propre parcours, à m’intéresser à ce travail.
Séances à distance par Zoom, en France et dans tous les pays francophones.
Cette pratique ne se substitue à aucun avis, diagnostic ou traitement médical et ne remplace pas un suivi psychologique lorsque celui-ci est nécessaire.


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